Less is more

Les voyages font souvent penser à la découverte de jolis endroits, de paysages à couper le souffle et de villes aux atmosphères différentes.

 

Et si le plus enrichissant dans les voyages, c’était le mode de vie de la population ?

 

J’aime observer les gens dans leur quotidien : que font-ils à l’heure de pointe ou en attendant le métro ? Quelles réactions ont-ils lorsque leur train est annulé ou que la file d’attente est trop longue ? Tout cela est bien différent à Bogota, Séville, Copenhague ou Bruxelles.

Bruxelles c’est la ville ou je vis, j’étudie et je travaille. J’y fais mes courses et je me déplace en transport en commun. Je vois des gens agacés par un métro en retard, et ce même pour des raisons de sécurité. Des gens qui râlent quand ils doivent attendre à la boulangerie car une vieille personne discute avec la vendeuse. Des gens qui courent après le temps, en oubliant que celui ne reviendra jamais.

Ce que je déteste le plus dans ma vie à Bruxelles, c’est d’appartenir à cette catégorie de personne. Moi aussi je cours pour ne pas rater le tram, alors que le prochain est dans 2 minutes. Je fais mes courses à 8H du matin pour aller plus vite, alors que les rayons sont encore vides. Je n’ai jamais le temps d’aller boire un verre en terrasse ou profiter d’une belle après-midi.

 

J’ai aimé voir des familles, des amis, en terrasse à partager des tapas un mardi à 17H dans le centre de Séville. J’ai aimé voir des métros propres et calmes, et des gens respectueux dans les rues de Copenhague. J’ai aimé voir des jeunes se préoccuper d’autrui en Amérique latine.

 

Alors pourquoi, une fois rentrée je n’y arrive pas. Pourquoi je tente de battre le record du monde au sprint dans les gares à fin de ne pas rater le train ? Pourquoi je n’arrive pas à fermer mes cours à fin de profiter du temps avec mes proches ? Pourquoi je culpabilise lorsque je m’amuse, en sachant que même si c’est bénéfique, les choses que j’ai à faire ne se feront pas toute seule ? Pourquoi je pense encore qu’un diplôme est un but dans la vie alors qu’il ne me rendra pas spécialement heureuse ? Pourquoi je me mets une pression aussi forte pour répondre aux attentes de la société dans laquelle je vis ? Pourquoi je pense que mes rêves et mes projets sont irréalisables car ils ne dépendent pas d’un bout de papier et pourquoi autant de jeunes se posent les mêmes questions ?

Alors à ces gens qui osent laisser leur vélo sans cadenas proche du métro à Copenhague à ces hommes qui buvaient un café à 7h du matin avant de commencer leur journée de travail à Séville, à cette dame qui m’a tendu mes lunettes perdues 1H auparavant à Cartagena de Indias, venez nous apprendre comment vous-faites.

Nous en avons besoin.

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26 réflexions sur “Less is more

  1. laurieclbt dit :

    Je suis totalement d’accord avec toi. J’en parlais avec mon copain, quand je suis à Bordeaux je suis cette fille qui prête pas attention aux autres, qui garde ses écouteurs dans le tram, qui optimise mon temps…
    à chaque fois que je voyage et que je constate que c’est pas ça la vie j’ai envie de changer mais c’est pas si évident !
    J’adore ton article 🙂

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    • Joy dit :

      Merci beaucoup pour ton retour ! 🙂

      Je ressens tout à fait la même chose, c’est difficile de changer dans notre milieu habituel je pense. On ne se rend pas compte des choses à voir, d’ailleurs je suis tjs impressionnée du fait de voir des touristes aha

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  2. Mathilde's Closet dit :

    A Paris, où j’habite,c’est vraiment la course, beaucoup de stress, beaucoup de trajet qui stress encore plus, beaucoup de gens qui râlent (moi comprise) mais je crois que j’aime cette adrénaline, cette vitesse et effervescence. Je ne pourrais pas vivre dans une ville « trop lente ». Après, bien sur, tout est relatif. J’apprends aussi à relatives et lâcher prise.

    Mathilde’s Closet

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    • Joy dit :

      Merci pour ton retour :). Je pense aussi que le lacher prise y est pour beaucoup. C’est une question de gout aussi, je peut tout à fait concevoir que tu ne pourrais pas vivre dans une ville plus lente 🙂

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  3. Lauriane MakeItNow dit :

    J’ai adoré cette petite parenthèse que tu as partagé avec nous. Je suis bien d’accord avec toi c’est incroyable que nous ne sachions plus prendre le temps (à Paris c’est pareil tu t’en doute). Tu as raison au lieu de mettre des cartes postales dans notre valise nous devrions rapporter de nos vacances un peu de sérénité …

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  4. yasmine D. dit :

    Je crois qu’on est tous pareil. Avant de vivre sur Paris, quand je rendais visite à ma cousine, je ne comprenais pas pourquoi les gens étaient pressés, prêt à avoir un accident pour ne pas attendre 2 minutes. Avoir du mal à décocher un sourire. Et bien avec le temps je suis pareille. C’est le syndrome des grandes villes.

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    • Joy dit :

      Ca « fait plaisir » de voir que je ne suis pas la seule à avoir eu cette reflexion. Comme tu dis, je pense que c’est un mode de vie que l’on prend sans le vouloir. Par habitude, on rentre dans le moule, et on ne prend pas spécialement le temps de prendre du recul. Je peux me tromper, mais je pense que c’est encore pire à Paris …

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  5. Mary dit :

    Hey ! Je suis tout à fait d’accord avec toi. Malheureusement, on est modelée pour être parfait pour la société. Essayer de prendre un chemin différent peut-être tellement mal vu, c’est désolant. On prends l’habitude de se plier aux règles, prendre le bus à tel heure, ne pas perdre du temps pour faire quelque chose qu’au fond on n’aime pas vraiment..

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  6. Clémentine dit :

    Je suis complètement d’accord avec toi. Je n’ai pas eu l’occasion de découvrir les mentalités des pays nordiques mais je pense que les pays comme la France ou la Belgique d’après ce que tu dis, en aurait bien besoin. Je trouve les anglais beaucoup plus ouvert que nous déjà, moins dans le jugement de l’autre. Mais je suis sûre que tu arrivera à prendre du recul, ça vient avec le temps 🙂

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    • Joy dit :

      Je ne connais pas bien la mentalité anglaise (pour n’avoir jamais mis les pieds en Angleterre, honte à moi haha). C’est vrai qu’à ce niveau là les mentalités françaises et belges sont similaires. J’y crois en tout cas, merci pour ton retour 🙂

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  7. Manayin dit :

    Très bel article avec une réflexion intéressante et qu’on devrait peut-être tous avoir… je pense que c’est vraiment dur de s’émanciper du carcan de la société, de notre éducation aussi. On baigne dans tout ça depuis tellement longtemps (à part si on a vécu une grande partie de sa vie ailleurs !)… Et puis je me dis, que parfois on peut aller à contre-courant, ne pas courir, prendre le temps, ne pas stresser alors que le temps nous presse… mais le faire tout le temps ? C’est super dur.
    Je pense que le plus intéressant c’est d’être conscient de tout ça et essayer de trouver un juste milieu. S’adapter à ce monde qui va très (trop) vite, mais se battre contre le fait que ça en devient juste inhumain, à notre échelle.

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    • Joy dit :

      Merci pour ce commentaire rempli de bon sens ! :).
      S’en rendre compte est déjà un grand pas, mais comme tu dis c’est difficile de se battre contre, c’est même fatiguant. En être conscient est déjà un grand pas, je trouve aussi, avec le temps je pense qu’on finit par s’en foutre et qu’on arrive à vivre notre vie comme on le souhaite 🙂

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  8. slowandcute dit :

    Ralentir – slow down… J’essaye et ce n’est pas toujours facile. C’est un chemin qu’on emprunte et comme pour tout finalement on apprend… J’essaye, j’échoue, je me relève et persévère! Dans cette société qui va vite toujours plus vite, ralentir est salvateur!

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  9. Lucy dit :

    Magnifique article… Ne pas se mettre la pression, prendre du recul et profiter de l’instant… observer les hirondelles, prendre le temps d’un café, accepter de perdre 5 minutes, distribuer des sourires … et au final on est plus heureux !

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    • Joy dit :

      Exactement, c’est très difficile de changer son mode de vie. On est pourtant bien plus heureux comme ça. Avec un peu d’entrainement, j’imagine qu’on y arrive. C’est comme pour tout 🙂

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  10. Julie B. dit :

    Profitez des petits plaisirs de la vie est ce qu’il y a de plus simple et de plus difficile … Mais je pense que l’une fois que l’on a réalisé cela c’est déjà bien plus simple 😍

    Bises

    Julie B.

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    • Joy dit :

      Je suis tout à fait d’accord. Une fois qu’on a réussi à se débarrasser des carcans de la société, on est bien plus heureux. Prendre du recul, respirer et continuer d’avancer 🙂

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